🎥Entre Église et journalisme : penser la pluralité et la vérité
Dans cette interview réalisée par nos soins, Bosco d’Otreppe, journaliste et observateur engagé du monde ecclésial et médiatique, partage une réflexion riche autour de deux grands axes : la vie de l’Église catholique et les défis actuels du journalisme.
⛪ 1. L’Église face à elle-même : diversité et risque identitaire
Interrogé dans le contexte d’un débat interconvictionnel, Bosco d’Otreppe invite d’abord à un regard intérieur sur l’Église catholique elle-même. Pour lui, la question de la diversité des opinions ne concerne pas uniquement les relations entre religions ou convictions, mais traverse aussi l’Église de l’intérieur.
Il souligne que cette pluralité est une richesse ancienne de l’Église, nourrie par deux millénaires de débats, de conciles et de tensions théologiques qui ont permis une recherche progressive de la vérité.
Mais cette diversité peut aussi devenir un lieu de tension si elle se transforme en logique identitaire fermée. Le risque, selon lui, est de voir l’Église se replier sur elle-même, comme une « citadelle assiégée », plutôt que de rester ouverte à sa vocation universelle.
Dans la ligne de l’enseignement du pape Léon, il rappelle l’importance d’aimer sa tradition sans s’y enfermer, afin de mieux accueillir l’autre. La foi chrétienne n’est pas une posture défensive, mais une source d’inspiration qui décentre de soi et ouvre à plus grand.
À travers des images fortes, la musique de Bach, les tableaux de Rembrandt ou les cathédrales gothiques, il illustre cette idée d’une beauté qui ne enferme pas, mais qui élève et oriente vers les autres et vers Dieu.
📰 2. Le journalisme face aux défis économiques et démocratiques
Dans un second temps, la discussion se tourne vers l’avenir de la presse. Bosco d’Otreppe analyse les mutations profondes du paysage médiatique, notamment en Belgique, marquées par les fusions entre groupes de presse.
S’il reconnaît le risque d’une concentration excessive, comparable à d’autres secteurs économiques, il souligne surtout la fragilité actuelle des médias traditionnels face aux défis du numérique et de l’intelligence artificielle.
Dans ce contexte, les regroupements apparaissent parfois nécessaires pour assurer la survie économique des journaux. Mais ils posent une question essentielle : celle de la pluralité éditoriale.
Le défi majeur, selon lui, est de maintenir au sein d’un même groupe des lignes éditoriales différentes, afin de préserver la richesse des points de vue et la qualité du débat démocratique.
Il insiste également sur la responsabilité des acteurs politiques et des dirigeants de presse pour garantir cette diversité. Toutefois, il entrevoit aussi une dynamique positive : un groupe de presse a tout intérêt à proposer des regards variés pour toucher un public plus large, et ainsi rester fidèle à une certaine recherche de vérité.
Car pour lui, la vérité journalistique ne se construit pas dans l’uniformité, mais dans la confrontation des points de vue, dans un débat sain et ouvert.
✨ Conclusion
À travers cet échange, Bosco d’Otreppe propose une réflexion profondément actuelle :
- une Église appelée à conjuguer fidélité et ouverture,
- une presse contrainte de se réinventer sans perdre sa pluralité.
Deux mondes différents, mais traversés par une même question : comment rester fidèle à la vérité sans se fermer à la diversité des regards ?
