Quand un vitrail devient source d’espérance

Dans le cadre d’un concours d’écriture organisé à l’INDA à partir de photographies,

Matthieu Tinan, 13 ans, élève de 2B et catéchumène, a choisi de laisser parler son inspiration à partir d’une photo du vitrail de l’église Saint-Martin d’Arlon, parmi six images proposées.

À travers son poème Vitrail, Matthieu met des mots simples et profonds sur la lumière, l’espérance et l’ouverture du cœur. Le vitrail devient sous sa plume bien plus qu’un élément architectural : il est passage, refuge, promesse et message adressé à chacun, au-delà du temps.

Son texte a touché le jury par sa sensibilité et sa maturité, et lui a valu de terminer 1er ex æquo du concours.

Ce poème impressionne par la justesse du regard et la profondeur des images, surtout pour un auteur de 13 ans. Matthieu parvient à relier le visible (le vitrail, la lumière, les couleurs) à l’invisible : les peurs, l’espérance, le salut, l’avenir.

Son écriture est fluide, sincère, jamais forcée, et laisse transparaître une vraie sensibilité spirituelle. Un texte habité, qui mérite pleinement sa récompense et qui donne envie… de lever les yeux vers la lumière.

Nous sommes heureux et fiers de partager ce poème, qui fait dialoguer foi, art et regard de jeune, et qui met en lumière notre église Saint-Martin comme lieu d’espérance ouverte à tous.

MATIN DE PÂQUES

Le vitrail de la façade est de l’église St Martin :

Ce vitrail, réalisé à l’occasion du centenaire de l’église, a été installé en 2017 derrière les orgues, du côté du soleil levant. Il s’intitule « Matin de Pâques » . Création et réalisation du Maître-Verrier Etienne Tribolet de Honnay-Beauraing. Le thème du vitrail est « Le Matin de la Résurrection ».

L’église St Martin a été construite de 1907 à 1914. Pour fêter ces 100 ans, de 2007 à 2014, Jean-Marie Jadot, Doyen, a eu le projet de laisser un témoignage de ce centenaire et de remplacer le vitrail situé au-dessus du jubé.

On sait que le chœur d’une église est généralement tourné vers l’est. En cette église St Martin, c’est le jubé qui accueille le soleil levant, le matin. D’où le thème de ce vitrail. Il fait face à l’autel représentant le tombeau ouvert.

Le maître-verrier a utilisé du véritable verre rustique soufflé et produit selon la grande tradition du Moyen-Age. Chaque pièce est taillée suivant un gabarit de carton et est sertie dans un profilé de plomb. Pour garder la richesse de sa matière et de sa couleur, le verre a été utilisé totalement pur c’est-à- dire sans y apposer, en surface, une peinture de grisailles.

La couleur rouge en bordure se répand vers le réseau supérieur pour former un liseré éclatant au sommet. Le regard est invité à suivre un chemin, du bas de la verrière vers le haut, un chemin vers la lumière. Une couleur domine et donne le ton, c’est le bleu. On passe des bleus profonds, des ténèbres enveloppant la nuit, aux bleus plus clairs percés d’éclats lumineux. De l’aube encore hésitante.

Ces grands espaces sont traversés par un réseau sensible de lignes qui génère un mouvement. C’est le lieu où se poursuit le combat de la lumière et de l’ombre. Le Christ n’est pas encore ressuscité. Un grand cercle se dessine au centre de la verrière, l’aube va poindre. On assiste à la dislocation des ténèbres. Dans le ciel apparaît une lumineuse couronne de couleurs. La couleur colorée devient éclatante, irrésistible à travers les jaunes d’or et citron. Les rouges-orangés, ponctués de pourpre et violet se diversifient à la hauteur des ogives des 6 lancettes et laissent apparaître une vaste ligne d’horizon. C’est l’aurore triomphante. Les ténèbres sont vaincus, c’est la victoire définitive de la vie sur la mort.

A travers le langage des couleurs, des lignes et des formes, une grande symphonie est écrite et forme un chœur éclatant.

Le maître-verrier Etienne Tribolet nous invite à regarder le vitrail patiemment, obstinément avec les yeux du cœur. Il souhaite qu’il devienne un signe lumineux d’espérance et que l’on y trouve une force nouvelle.